04 mars 2007
QUAND LE CIEL NOUS TOMBERA SUR LA TÊTE...
Quand le ciel nous tombera sur la tête…
L’Optimiste
Mais qu’est ce que tu racontes là encore, à effrayer la foule au lieu de bercer les gens avec des mots doux. Tu sais, pour bien vivre sur cette bonne vieille Terre qui en a déjà vu de toutes les couleurs, il faut tout simplement s’armer du bien vivre et d’une dose de réalisme, j’en conviens. Mais de là à faire trembler les chaumières parce qu’une saison sur l’autre ne convient plus au calendrier si pointilleux des humains. L’homme a ses caprices, certes, ses doutes, ses peurs, ses angoisses, ses maladies… Pourquoi la nature n’aurait-elle pas aussi le droit de s’exprimer d’une autre manière à celle que l’on veut qu’elle soit par convenance ou par idéale ? Mr Météo aime avec un humour certain, faire étalage de son savoir scientifique et de ses convictions pragmatiques comme des intuitions, s’amuse des niaiseries, comme devant une assemblée de fidèles en transe, nous bénis de ses mots magiques, dans l’espoir que nous puissions partir en paix et que notre vie au quotidien puisse se dérouler le moins morose qui soit, nous comble de joie et de paix. Tu sais, le ciel sera toujours le ciel tant que la Terre la Lune
Le Pessimiste
Ah là là là là là là ! Que des mots à me faire tourner la citrouille dans tous les sens du terme ! Encore des mots comme çà et je n’aurai plus qu’à creuser ma tombe ! Des appellations, des dénominations, des expressions, des particules, des termes, des verbes, des vocables ! Et sans doute des mots pour rire ! Des anecdotes, des calembours, des boutades, concetti, concetto, contrepèterie, épigramme, plaisanterie ! Que de bêtises à dix sous pour un Optimiste qui se prend pour la bête à Bon Dieu ! Voyez vous mon cher, le monde ne s’est pas fait en un jour. Les ânes autant que les coqs savent qu’il faut de la patience et du dur labeur pour construire un rêve. Je me demande si par hasard… Hum ! Toc ! Toc ! Toc ! Tu n’aurais pas perdu un peu la tête, non pour croire que tout va au mieux pour le mieux ? Descends un peu de ton piédestal et regarde un peu de plus près la pousse de nos plantes, de nos arbres et les champs ! Oh mon Dieu ! Quel désastre ! Des bourgeons qui poussent en pleine saison hivernale, des oiseaux qui n’émigrent plus, des boutiques qui gardent jalousement leurs étalages de manteaux d’hiver et le bon vieux radiateur de maison qui ne sert plus à rien ! Comme dirait ma grand-mère, - Il n’y a plus d’saisons mes pauvres z’enfants ! Il va falloir vous y faire car il faut bien vivre. Ouaih c’est çà ! Parle à mon c. m’a tête est malade ! Euh… Pardon mes ami(e) s pour ce langage déplacé et outrancier, sans gêne et sans façon. En tout cas la mienne… Eh bien non ! Tant que mes yeux et ma cervelle fonctionneront, je n’aurai de cesse à dire qu’il se passe des choses plutôt bizarre depuis quelques années. Les 15OOO morts de la dernière canicule ne sont qu’un avant goût morbide et cataclysmique d’un programme bien annoncé, gardé secrètement, voir jalousement par nos hommes d’Etats. Ils le savent bien, eux, qui du haut de leur perchoir, gouvernent ce pays d’une main pas si tendre avec des chiffres caressés dans le sens du poil de la bête. Pour ne pas effrayer le peuple, mes chères consoeurs et confrères, un seul mot d’ordre, il faut RE-LA-TI-VI-SER ! Mot tout à fait banal pour la circonstance j’en conviens, mais bien révélateur à tout égard pour un siècle qui commence plutôt mal non ? Vous vous rendez compte que… Si par le plus grand des hasards, un Gulf stream (Courant d’air chaud marin venu des Caraïbes et se propageant jusqu’aux côtes suédoises) finirait par disparaître et se vautrer ailleurs au lieu de nous envoyer ses sources d’eau chaude dans nos pays tempérés ou nordiques ! Tout ceci est bien énigmatique car, on nous fait croire qu’un mauvais jour, la pollution est bien le facteur déterminant au réchauffement CLIMATIQUE et une autre fois, on nous dit que le ciel à ses raisons, que ses bidules de caprices qui selon les archives de la météo ou les chercheurs de tous poils nous font aussi croire qu’au moyen âge, eh bien, ciel mes Aïeuls, la Terre
L’Optimiste
Oh la barbe monsieur le Pessimiste ! Arrête de larmoyer sur le sort des pauvres gens et d’exagérer au microscope des petits bobos qui ne feraient pas de mal à une mouche… Toujours à donner de la réplique dans une ribambelle d’expressions d’immondices cycliques. Le monde va mal, demain la Terre
Le Pessimiste !
Ah ! Ah ! Ah ! Qu’est ce que t’es con à souhait ! Tu grossis comme la grenouille qui voulait devenir plus gros que le bœuf ! A force de dire des bêtises tu finiras par imploser dans un corps maintenu artificiellement par les engrais chimiques que tu accumules depuis ta naissance. Tu connais José Bové ? Où l’autre de Ushuaïa qui a fait trembler le monde politique… Un certain Nicolas Hulot. Quant à tonton Al Gore et son monde meilleur, j’en conviens que tout ce beau monde…
Tu sais, vivre dans un monde plus juste n’est pas la mer à boire. Il te suffit juste d’ouvrir un peu les yeux pour comprendre, que les ressources de la terre ne sont pas éternelles. Tiens par exemple ! L’eau de source, ce bien si précieux qui n’a cessé de s’épuiser. Crois tu que dans un siècle nos petits enfants auront encore de la chance d’en boire ? Tu dis quoi ? De l’eau de mer dessalée ? Pouah ! Quelle horreur ! C’est déjà assez comme çà avec de l’eau en bouteille parfumée artificiellement d’un goût douteux, orangé et sucré pour appâter nos petits en culottes courtes ! Oui, je suis d’un grand pessimiste qui aimerait pourtant changer d’un coup de baguette magique le sort de l’humanité… Ce sort qui est pourtant entre nos petites mains de consommateurs, dont nous prenons à peine maintenant conscience, la bêtise d’un monde sans cesse en proie à la surconsommation désabusée par les dictats des grands boursiers et industriels véreux de ce monde. L’argent n’a pas d’odeur mais fait bien des malheurs. Des criminels qui se moquent du quand dira t-on. Consommons ! Consommons ! Oui et toujours plus ! Et encore que dis-je, toujours plus, jusqu’à ce que nous n’ayons plus de place pour satisfaire notre ego et…
L’Optimiste
Et ?
Tu vois, tu ne trouves plus les mots ! Ridicule ! Tu es RI DI CU LE ! A tel point que la surenchère mon vieux… C’est toi qui l’entretiens. Des pensées sans commune mesure avec la réalité. Rappelle toi que des civilisations ont toujours vécu des… Comment dire ? Oui, des décadences.
Le Pessimiste
Des dégénérescences, mon fils ! Les chutes ont toujours précédées les décadences ! Pauvre idiot, crétin à 3 sous ! Rome ! Babylone et bientôt Manhattan, Tokyo, Paris, Londres, Berlin ! Un beau feu d’artifice en perspective !
L’Optimiste
Hum ! Toujours cette obsession maladive, ce côté clinicien, praticien douteux, oui d’un mauvais goût ! Sois un peu plus humain et regarde un peu le ciel du bon côté !
Dis… Le ciel, tu le trouves aussi laid que çà ?
Hein ? Lève toi de bonne heure vieux macaque et regarde au crépuscule cette lueur fantastique qui annonce le commencement d’une journée. Au crépuscule, l’on distingue encore quelques étoiles scintillantes, tandis que la lune nous fait ses adieux, au loin se lève gracieusement un soleil d’un rouge vif déployant comme la crinière d’un lion, sa force maîtresse sur tout l’univers et commence à nous réchauffer généreusement… La vie mon Seigneur ! Nous sommes en vie et pour encore un bon bout de temps !
Le Pessimiste
Ouaih !... C’est beau mais c’est con ton psaume à dix sous !
Ouvre la fenêtre et respire donc ce gaz nauséabond qui embaume l’air. Un matin, je m’étais retrouvé derrière un bus à pédaler mécaniquement sur mon bon vieux vélo acheté fièrement lors d’une brocante qui s’intitulait « Pour aider les ami(e) s de la Terre la Terre
L’Optimiste
Hum… Je ne te laisserai pas finir aussi funestement. Tes artères vieillissent mal et par-dessus le marché, ta vue baisse ! Va donc manger des tomates fraîches de bon matin avec des œufs frais d’à côté. Tu sais, le marchand à deux pas d’ici, qui se vante de vendre des légumes d’un autre temps, dépouillés de colorants, d’aditifs chimiquement déplorable… Les abeilles elles-mêmes n’ont revienne pas, si peu soient-elles à espérer de vivre aussi longtemps que la présence de l’homme sur terre.
N’entends tu pas le chant du coq ?
Tu m’en diras des nouvelles si le monde bouffe dorénavant que des pissenlits génétiquement modifiés. Ce n’est pas demain la veille que de manger les pissenlits par la racine causera inéluctablement ma mort pauvre bougre !
Repose toi ! Tu en as bien besoin.
Merci, j’attendais depuis longtemps cette minute de silence !